« Après avoir étudié la condition des femmes […], je suis arrivé à la conclusion qu’au lieu de leur dire bonjour, on devrait leur demander pardon. » Alfred de Vigny
Toutes divas qu’elles sont – véritables offrandes sacrifiées sur l’autel de la scène lyrique –, les héroïnes d’opéras ne nous sont pas moins terriblement proches, à l’image du personnage emblématique de La Voix humaine de Poulenc pour qui l’on éprouverait presque une compassion fraternelle. Elles nous ressemblent étrangement, elles qui toutes s’engagent et se révèlent dans l’amour. Elles y dévoilent leur richesse, confient leur fragilité, se réfléchissent dans le regard des autres, des hommes. Plus que le charisme du mythe, elles ont la chair des femmes, les élans du corps et du cœur, la voix perméable aux humeurs, aux sentiments, aux blessures. Elles vivent en phase avec leurs désirs et leurs émotions. « Les histoires d’amour finissent mal en général », chantent certaines. L’incroyable énergie à aimer de ces femmes d’opéras, jusqu’au renouveau de soi ou à la mort, transcende la scène pour y faire vibrer la vie.
Pour aller au-delà des perceptions habituelles et poser sur ces femmes notre regard contemporain, nous avons privilégié la créativité, les changements d’époque, de décor, de contexte. Nous avons tantôt accordé au féminin, tantôt non, la programmation qui entoure les productions lyriques – concerts symphoniques et vocaux, musique de chambre, danse, spectacles jeune public, théâtre, jazz. Sans oublier une soirée exceptionnelle imaginée autour du Songe de Shakespeare, qui vous fera passer le solstice d’été à l’Opéra le 21 juin.
Alain MERCIER, Directeur général

