Pièce d'Henrik Ibsen sur une musique de scène d'Evard Grieg Créé en 1876 à Oslo
Adaptation du texte par Alain Perroux 

La pièce d’Ibsen étonne. Avant tout « pièce à lire » (Lesedrama), et non originellement destiné à la scène, le Peer Gynt d’Ibsen (1867) est un objet théâtral hybride, pour ne pas dire incertain : l’histoire est irracontable ; les  personnages réels, les spectres, les trolls et les créatures fantasmagoriques y cohabitent dans un  espace-temps constamment redéfini ; la pièce fonctionne sur une narration déconstruite, qui rompt avec tous les usages du théâtre classique. L’aventure de Peer Gynt rappelle celle de Don Quichotte : la fable d’un anti-héros aux prises avec le monde. Plutôt qu’une pièce, Peer Gynt est d’ailleurs un poème dramatique, résolument hors-norme. Toute tentative d’illustration réaliste ou  de surenchère folklorique et décorative de ses situations théâtrales nous semble donc absolument vaine. 
Mais Peer Gynt c’est aussi, depuis la création de la musique de scène composée par Grieg en 1876, de sublimes ensembles orchestraux, aujourd’hui passés dans l’inconscient collectif, du fait de leurs fréquents usages au cinéma et dans la publicité. Par sa combinaison proprement unique de morceaux symphoniques, de mélodrames, de passages chantés, de scènes théâtrales et de récit direct, Peer Gynt se présente donc à nous non comme une pièce, mais comme un extraordinaire réservoir de symboles évocateurs et d’images à la très grande puissance poétique.
Dans cette production, la scène n’en est pas tout à fait une : au milieu de l’orchestre, des sentiers de bois font évoluer Peer Gynt entre concret et symbolique, entre voyages extérieurs et voyages intérieurs, entre jeu et réel, entre monde et scène. Vidéo, acteurs, objets : les mediums se multiplient pour travailler ce lien fragile.
La scénographie propose ainsi non pas un décor mais plutôt une « aire de jeu », construite tout autour de l’orchestre symphonique. Elle accueille une hybridation des codes de représentation, qui dialoguent tous en son sein. Selon les propres mots d’Ibsen, elle fait du monde de Peer Gynt « un  territoire de jeu à la fois très étrange et très concret ».

Distribution

Nicolas Chalvin, direction
Elisabeth Brusselle, chef de chant

Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeil, mise en scène, scénographie et costumes
Christophe Pitoiset, lumières
Jean-Baptiste Beïs, réalisation vidéo en direct
Lodie Kardouss, Collaboration artistique
Olivier Roda, Coach et coneiller en langue norvégienne

Comédiens :
Thomas Gornet, Amélie Esbelin,  Marie Blondel

Chanteurs :
Philippe Estèphe, Peer Gynt
Norma Nahoun, Solveig
Marie Kalinine, Anitra

Leila Benhamz, Johanna Giraud,  Agnès Cabrol de Butler, Trois filles de pâturages
Edouard Portal, le Voleur
Fabien Leriche, le Receleur

Orchestre de l’Opéra de Limoges
Chœur de l’Opéra de Limoges | Direction : Jacques Maresch 

Nouvelle production de l’Opéra de Limoges / Production déléguée Opéra de Limoges en coproduction avec l’Opéra/Orchestre national de Montpellier/Languedoc-Roussillon.