Cette transcription de Bernard Cavanna des lieder de Schubert ose le pari d’ajouter à la formation violon/violoncelle un accordéon pour accompagner la voix de soprano.

 Tour à tour émouvants, graves ou méditatifs, les Lieder de Schubert sont de véritables chefs-d’œuvre marqués par le romantisme le plus pur. Ils ont fait le tour du monde et donné lieu à de nombreuses transcriptions,  de Schubert lui-même, mais aussi de Brahms, Reger, Liszt, Offenbach...  sans compter aujourd’hui Schöllhorn ou Zender. La plupart du temps, ces adaptations mettent en jeu l’orchestre symphonique et transposent à leur manière ces Lieder dans une atmosphère proche de celle de l’opéra.Bernard Cavanna ose, lui, le pari tout à fait réussi d’ajouter un accordéon à la formation violon et violoncelle pour accompagner la voix de la soprano.

Formation fétiche de Bernard Cavanna, le subtil mélange du violon, du violoncelle et de l’accordéon conjugue les expressions de deux instruments à cordes, « nobles » et chargés d’histoire et de répertoire, à celui plus « désuet », populaire, d’un instrument « à vent », jouant aussi tiré-poussé : l’accordéon. Le mélange des sonorités et des héritages musicaux des différents instruments crée une expérience sensible, émouvante et enrichissante, un peu unique en somme. Ce concert propose de magnifiques pages chargées de multiples émotions, de la douceur du « Printemps » aux rythmes envoûtants de « Marguerite au rouet »  en passant par l’émotion tragique du « Roi des aulnes » et au poignant désespoir  de « La jeune nonne ».Entremêlés aux Lieder de Schubert, les quatre mouvements du Trio n°1 pour violon, violoncelle et accordéon dévoilent une autre facette du compositeur. Œuvre charnière dans la création de Bernard Cavanna, c’est une œuvre subtile et élégante, qui propose de plonger avec beaucoup de finessedans l’univers hautement sensible du compositeur. 

avec

Eve Christophe, soprano

Elina Kuperman, violon

Julien Lazignac, violoncelle

Frédéric Langlais, accordéon