EIN VIS A VIS
Théâtre musical

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EIN VIS A VIS
Théâtre musical
Lynda Bisch, soprano | Floriane Duroure, mezzo | Christophe Gateau, ténor  | Fabien Leriche, basse | Thomas Besnard, piano
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EIN VIS A VIS
Théâtre musical
A partir du
15 déc 2018
Prix: 
10€
Duree: 
1h
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EIN VIS A VIS

Lynda Bisch, soprano | Floriane Duroure, mezzo | Christophe Gateau, ténor  | Fabien Leriche, basse | Thomas Besnard, piano

Berlin. Automne 1988. Les hirondelles ne migrent plus. De chaque côté de la ville, deux couples mènent leur vie en parallèle à la recherche d’un vis-à-vis, le vrai, celui qui permet de se voir en face. Il y a ce qui les sépare, les isole et  ce qui les réunit depuis toujours, les réminiscences d’un passé commun, les questions du présent et un avenir qu’ils ne s’imaginent pas encore ensemble.

Note d'intention

En 1962 sortait en salles L’Ange exterminateur de Luis Buñuel, huis clos dans lequel une poignée d’invités réunis au creux d’un salon luxueux se retrouvent subitement dans l’impossibilité de sortir: un étrange sort les a barricadés dans la pièce, par un mur invisible capable d’infléchir le cours visibles des choses, des événements. Nous ne sommes pas sûrs que nous ne serons jamais livrés à l’arbitraire. Si c’est un mur bien réel qui a bouleversé la vie des quatre personnages de Ein Vis-à-vis, c’est tout autant l’arbitraire d’une frontière physique en plein coeur de Berlin qui les a disposés soudain d’un bout à l’autre dumonde.

Les personnages, tantôt réalistes tantôt purs symboles, sont ainsi amenés à se confronter à leurs préjugés, qui sont autant de murs invisibles à traverser. Comment concilier l’image sociale et le moi profond quand la propagande, à l’Est comme à l’Ouest, comble la vie des individus tout en les privant d’un véritable destin ? Que signifie « être Allemand » dans un tel contexte ?

Un axe de symétrie bilatérale entre deux espaces, un double vis-à-vis, mais sans tain, sépare quatre personnages, deux couples, l’un vivant à l’Est du Mur de Berlin, l’autre à l’Ouest.

A l’Ouest : un couple, Klaus et Petra. Klaus, scientifique de l’Est muté à l’Ouest, racheté par son pays à son propre pays, se demande de façon obsédante si le libéralisme a encore quelque chose à voir avec la liberté. Poète aux heures silencieuses, il établit les listes de ses terreurs personnelles, et tourne dans sa bouche des pages d’écriture qu’il ne montre à personne. Petra est idéaliste, pacifiste, écologiste. Elle éclaire de multiples espoirs un paysage toujours divisé par les vainqueurs, et ne désire rien tant que détourner la réalité de son accoutumance à la mesquinerie. A l’Est : Lenka et son frère, Lorentz. Lenka fait preuve d’une foi inébranlable en l’utopie socialiste. A Lorentz le danseur, qui rêve de glisser de l’autre côté du monde, la Beauté ne suffit plus à la révolte car c’est un rêve fragile dans un pays dont l’existence repose sur la peur et le mensonge. Il ne lui reste désormais qu’à détacher une à une toutes les couches successives qui prenaient la place du connu. La sœur, sorte d’égérie de la République Démocratique, croit en l’avenir de l’Etat socialiste tandis que le frère souhaite le voir disparaître : malgré leur grande affection commune, cette différence idéologique est source de nombreuxconflits.

Si nous avons intitulé Ein Vis-à-vis « théâtre musical » c’est que la musique y est prépondérante et poursuit le sens de chaque tableau en une grande variété d’influences esthétiques, de J.-S. Bach aux Einstürzende Neubauten, en passant par Gustav Mahler et Kurt Weill. Les pièces sélectionnées forment l’enceinte d’une mémoire commune et d’un souvenir du futur, la confrontation avec le texte offrant un contraste permanent, une harmonie qui tend à être retrouvée.

Les personnages ne savent rien ; ils supposent tout. La personnalité est illusoire, l’identité fictive. La construction du Mur de Berlin a ouvert une ère de paix armée, où chacun est la prothèse de l’autre dans ses tentatives d’auto-justification. Au croisement des deux pôles nous ne trouvons qu’une mémoire avachie, car nous sommes tous orphelins d’une identité perdue. Mais le fantasme de notre être entier, et laissé en partie de l’autre côté du miroir, est aussi un combat contre le conditionnement et contre le langage totalitaire qui répète victoire là où se joue le désastre. Nous sommes à Berlin en automne 1988. L’espoir ou l’intuition d’une réunification prochaine absorbe les deux couples, les effraie ou les émerveille tout à la fois. Ils s’extirpent du langage morne des apparences pour dire leur désir, leur joie, l’exubérance de vivre, d’aimer. Nous avons écrit des tableaux de narration réaliste, mais choisi également de faire entendre la langue allemande en de courts poèmes, afin que les personnages se délivrent par la poésie de l’impuissance de ne pas dire ce que le secret connaît : afin qu’en quelques mots les voici proches, bientôt, excédant l’ignorance qui les sépare encore.

Fabien Leriche

Dates: 
Samedi, 15 décembre, 2018 - 17:00
Lieu: 
Foyer du public
Prix: 
10€
Duree: 
1h
Categorie: 
Concert et récital

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