Livret du compositeur d'après la pièce de Maurice Maeterlinck Créé le 30 avril 1902 à l'Opéra Comique

L’atmosphère est celle d’un Moyen-Âge dépouillé de ses atours, de ses chevaliers, de ses histoires, d’un Moyen-Âge mortifère dont n’émerge que le symbole. Tout tombe en poussière en Allemonde – un royaume universel où surgit Mélisande comme de l’au-delà. Dans l’obscurité qui règne, elle incarne une lumière ambivalente, qui peut sauver ou détruire, et précipiter la perte de ceux qui se sont laissés éclairer.

Il n’est pas compliqué de voir dans le Pelléas et Mélisande de Debussy une réponse à la française au wagnérisme qui semble secouer l’Europe avec une force toute walkyrienne. Debussy, ainsi que d’autres compositeurs français évoluant dans son cercle, cherche pourtant à résister à cette musique extrêmement séduisante que la défaite de Sedan contre les armées germaniques a rendue pénible à écouter. Il y a dans l’Europe du XIXe siècle européen un climat artistique qui semble transcender les frontières politiques : la musique, l’art en général, doit examiner les tréfonds de l’inconscient. Chaque note de musique, chaque intervalle antilyrique, doit servir de guide dans le cerveau de l’artiste et de son public. Si les préraphaélites hantent les toiles de la seconde partie du XIXe siècle, avec force Ophélies, médiévalismes et cheveux flamboyants, c’est parce qu’ils ont su reconnaître dans le conte de fées et la mythologie médiévale un système de pensée qui frappe juste en matière d’inconscient.

La forêt du conte de Grimm est le terrain d’investigation favori des psychanalystes parce qu’elle représente cette part d’inconnu en nous : les interdits, la Nature maîtresse, les rois pervers, tout y est. Et la poésie symboliste de Maeterlinck a su capturer cette atmosphère où tout est signifiant, où tout « nous dit quelque chose. »

Pelléas et Mélisande est l’histoire qui circule dans tous les esprits depuis les temps où les aèdes parcouraient les sentiers de la Grèce antique : celle de l’amour mythologique empêché par la présence d’un mari jaloux et violent. 

Distribution 

Robert Tuohy, direction
David Zobel, chef de chant

Stéphane Braunschweig, mise en scène et scénographie
Chloé Lechat, assistante mise en scène
Thibault Vancraenenbroeck, costumes
Marion Hewlett, lumières

Elliot Madore, Pelléas
Karen Vourc’h, Mélisande
Laurent Alvaro, Golaud
Frédéric Caton, Arkel
Svetlana Lifar, Geneviève
Chloé Briot, Yniold
Luc Bertin-Hugault, Médecin/ Berger
Orchestre de l’Opéra de Limoges
Chœur de l’Opéra de Limoges (enregistré) / Direction : Jacques Maresch